jeudi 30 août 2007
Le macérat de millepertuis est rouge...
Par Michel Pobeda, jeudi 30 août 2007 à 10:11 :: Les macérats
Une des fleurs de la Saint Jean, le millepertuis, sert à fabriquer l'huile du même nom.

Les huiles utilisées en cosmétique et en diététique sont
soit des huiles végétales (triglycérides issues de la pression des oléagineux),
soit des huiles essentielles (molécules aromatiques issues de la distillation).
Le macérat est particulier. L'huile dans laquelle macèrent les fleurs sert de solvant à certains ingrédients actifs qui vont passer de la fleur dans l'huile. Ce mode d'extraction, aussi naturel qu'efficace, n'est plus utilisé dans la pharmacopée moderne. On abordera, dans un billet sur les dérives du système de santé actuel, les raisons de ce laminage de notre patrimoine culturel.
Notre cueillette s'est faite autour du Vieux Domaine à Vierzon courant juin.

Les fleurs étaient encore fraiches le 23, quand nous les avons mises à macérer, dans une bonbonne en verre, avec de l'huile de noix d'Amazonie.
Traditionnellement, autour de la Méditerranée, on utilise l'huile d'olive dans toutes les préparations médicinales ou cosmétiques. Le savon d'Alep a toujours été fait à base d'huile d'olive.
Nous avons tendance à faire d'autres essais. En effet, l'utilisation traditionnelle se contentait souvent de la matière première la plus facile à sourcer. Il est intéressant de vérifier les résultats avec d'autres huiles similaires. Déjà au XIXème siècle, dans la région de Grasse, on avait testé l'huile de moringa pour l'enfleurage. Dans la fabrication des parfums, l'enfleurage consiste à faire passer les molécules aromatiques de la fleur dans l'huile. Nous avons fait de nombreux tests avec cette merveilleuse huile, mais aujourd'hui, nous obtenons de meilleurs résultats avec l'huile de noix d'Amazonie.
Le macérat a besoin d'un très bon ensoleillement. Dans le cas du millepertuis, les fleurs jaunes libèrent dans l'huile leurs minuscules graines rouges et au bout de quelques semaines, l'huile devient à son tour rouge.

Nous bénéficions dans notre boutique de La Châtre, située dans l'ancienne "Usine à savons" d'une grande baie plein sud qui est réservée à nos macérats.
Vers le 15 Août nous avons récupéré environ 6 litres du précieux liquide, en pressant légèrement les fleurs.
Les fleurs ne sont pas perdues. Imprégnées et rougies par la macération, nous allons les broyer finement et les intégrer à un savon réparateur. Le savon dont nous dévoilerons la formule d'ici quelques semaines, sera associé avec le l'huile de millepertuis ajoutée au dernier moment après la phase de saponification. Les fleurs auront un effet "caressant"